Origine et Distribution

 

Une espèce endémique

L’Apron (Zingel asper) a la particularité d’être une des rares espèces animales endémique au territoire national français. Les espèces endémiques n’occupent que des aires très restreintes caractéristiques d’une région donnée. L’aire de répartition naturelle de l’Apron est limitée au Rhône et à ses affluents.

 

Une grande famille …

Il existe chez les Percidae deux sous-familles : les Percinae et les Luciopercinae à l'origine des Romanichthyni dont dépend le genre Zingel. Ainsi notre apron (Zingel asper) et l'asprette (Romanichthys valsanicola) dérivent d'un ancêtre commun.

 

Asprette (Romanichthys valsanicola)

L'asprette ou perche-chabot roumaine, se trouve au stade ultime avant l'extinction. Une expédition internationale menée en 1992 a permis d'établir une stratégie de conservation de l'espèce. L'avenir immédiat de l'espèce dépend beaucoup des essais d'élevage en aquarium qui sont conduits à Bonn en Allemagne.

 

Zingel colonisa le Danube (aire rouge) en se différenciant d'abord en deux espèces dont l'une a évolué vers la forme actuelle de Zingel zingel (en vert) et l'autre s'est différenciée en deux espèces, suite à la séparation du bassin du Rhône et du bassin du Danube : Zingel streber (en rose) et l'apron du Rhône (Zingel asper).

 

Une distribution réduite

Au siècle dernier, l'Apron fréquentait tout le bassin du Rhône (Rhône, Ain, Isère, Gard, Durance, Saône et affluents (Ognon, Ouche...)) (Vallot, 1837 ; Valenciennes, 1848 ; Moreau, 1881). Il aurait disparu de la côte d'or en 1932 (Paris, 1932). Spillmann (1961) l'indique dans le Rhône, l'Ain, la Durance, la Saône , le Doubs et le Rhin et signale une capture dans la Seine en amont de Fontainebleau ; Kiener (1985) note sa présence dans le Gard et la Durance.

A la suite de la création des retenues, consécutives à la construction de barrages, et à l'envasement progressif des fonds, on assiste à une nette diminution de l'aire de répartition de l'apron : il devient très rare dans le Rhône (secteur de Chautagne, Pierrelatte), le Doubs, l'Ain..., et a disparu de l'Ouche, la Saône, la Bienne (Boutitie, 1984). Le nombre d’individus est estimé à quelques milliers seulement, répartis au sein de populations (probablement génétiquement isolées) dans différents tronçons de rivières : la Lanterne, le Doubs, la Loue, l’Ain, le Rhône Moyen, la Drôme, l’Ardèche et ses affluents Beaume et Chassesac, la Durance, le Verdon. Quelques captures ponctuelles ont été signalées : Ognon, Seille, Ouvèze, Gard, Cèze.

 

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Pour en savoir plus :

PERRIN J.F., BLESS R. et NALBANT T.T. (1993) - Romanichthys valsanicola, l'expédition de la dernière chance(octobre 1992, rivière Vilsan, Roumanie), Revue fr. Aquariol.,20 (1993) .


Lien avec un site sur un autre programme life au Portugal concernant un poisson endémique :

http://members.xoom.com/saramugo/aequipa.htm